Ksar Saïd, 1980
Karim Gharbi est né le 13 octobre 1980, dans le quartier de Ksar Saïd, en périphérie de Tunis, en Tunisie. C’était un quartier modeste — un endroit où les rêves restaient souvent des rêves, et où le quotidien laissait peu de place à l’ambition au-delà de la survie.
Son père travaillait comme chauffeur de taxi, sillonnant les rues animées de Tunis du lever au coucher du soleil pour subvenir aux besoins de sa famille. C’est auprès de cet homme — patient, travailleur, résilient — que Karim a appris ses premières leçons de persévérance.
« Les rues de Ksar Saïd m’ont tout appris — la faim, la débrouille et l’espoir. Je n’ai jamais oublié d’où je viens. »
L’appel de la musique
En grandissant dans la Tunisie des années 1980 et du début des années 1990, Karim découvre le hip-hop à travers des cassettes et les ondes radio qui faisaient voyager les sons du rap américain à travers la Méditerranée. L’énergie brute, la narration, la rébellion — tout cela lui parlait comme rien d’autre.
Dès le début de son adolescence, Karim savait ce qu’il voulait faire. La musique n’était pas qu’un divertissement ; c’était une bouée de sauvetage, une échappatoire, une voix pour les sans-voix. Mais la Tunisie des années 1990 offrait peu d’opportunités aux artistes en devenir. S’il voulait réussir, il devait partir.
1995 : La décision de Paris
À seulement 15 ans, Karim prend une décision qui changera sa vie à jamais. Il quitte la Tunisie pour Paris, en France — seul, avec pour seuls bagages sa détermination et une foi inébranlable en son talent. Un acte de courage que peu d’adolescents auraient osé entreprendre.
Paris au milieu des années 1990 était l’épicentre du hip-hop français, une scène en pleine explosion avec des artistes comme IAM, NTM et MC Solaar. Pour un jeune Tunisien avec le feu au cœur et des paroles en tête, c’était le terrain d’épreuve idéal.